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Réglementation

Optimisation de l’échange de services financiers avec la Chine

Le DEFR a annoncé l’aboutissement des négociations portant sur l’optimisation de l’accord de libre-échange (ALE) entre la Suisse et la Chine (RS 0.946.292.492). Selon la fiche d’information du SECO, cet ALE optimisé améliorera notamment la sécurité juridique lors de la fourniture de services financiers et garantira selon le  principe de non-discrimination la participation aux systèmes publics de paiement et de compensation, aux bourses et aux organismes d’autorégulation.

TBTF : Ouverture de la procédure de consultation

Le Conseil fédéral a mis en consultation son paquet sur la règlementation TBTF. Comme annoncé, ce dispositif comprend un régime de responsabilité qui s’appliquera aux banques qui emploient 250 personnes ou plus et des mesures en matière de rémunération imposant notamment des délais de blocages pour la rémunération variable et des clawbacks avec le pouvoir conféré à la FINMA d’intervenir dans ce domaine.

Les pouvoirs de la FINMA se voient en outre renforcés avec un dispositif d’intervention précoce lui permettant d’intervenir en amont, sans devoir attendre un risque d’insolvabilité au sens des art. 25 ss LB ou faire face à une violation effective du droit de la surveillance lui permettant de prendre des mesures d’enforcement. Dans ce dernier domaine, la FINMA devrait être habilitée à ordonner des amendes aux établissements en cas de violations et des astreintes, s’ils ne mettent pas les mesures ordonnées dans le délai imparti. Elle se voit aussi octroyer la possibilité de conclure des accords amiables.

Le Conseil fédéral entend également préciser et renforcer les exigences sur les plans de stabilisation et de liquidation des banques d’importance systémique. Plus généralement, le cadre légal de la résolution se voit régler avec beaucoup plus de précision. Enfin, l’avant-projet envisage de simplifier le transfert de sûretés à la BNS afin de faciliter l’accès des banques à un soutien en liquidités, notamment en imposant la préparation du transfert de sûretés à la BNS ou des banques centrales étrangères. Ces dernières mesures s’adresseront aux banques de catégorie 1 à 3, alors qu’elles ne concerneront pas les petites banques de catégories 4 et 5.

La révision du dispositif anti-blanchiment entre en vigueur le 1er octobre 2026

Le Conseil fédéral a publié aujourd’hui son ordonnance d’exécution relative à la loi sur la transparence des personnes morales et autres modifications du dispositif anti-blanchiment (dont l’élargissement de la LBA aux conseillers). Il a simultanément décidé de l’entrée en vigueur de la révision au 1er octobre 2026, à l’exception des dispositions relatives au notariat d’État (dont la mise en œuvre est reportée afin de permettre aux cantons d’adapter leur législation).

Too big to fail : le Conseil fédéral tempère ses ambitions

Le Conseil fédéral modifie l’OFR et adopte le message sur la modification de la LB. En substance, les banques d’importance systémique suisses devront couvrir, au moyen de fonds propres de base durs (CET1), l’intégralité des participations qu’elles détiennent dans des filiales étrangères (contre 45 % actuellement). Dans les faits, cette modification ne concerne qu’UBS, qui devra atteindre un ratio CET1 de 15.5 % contre 14.4 % au 4ème trimestre 2025. Moins strict que dans ses propositions initiales (cf. p. 34 ss), le Conseil fédéral renonce notamment à modifier les dispositions sur les AT1, malgré les faiblesses de ces instruments révélées lors de la chute de Credit Suisse.

Projet de loi sur la gestion durable des entreprises

La Suisse est prise entre deux dynamiques opposées dans le domaine de la gestion durable des entreprises : d’un côté, l’UE a simplifié ses règles, de l’autre, une initiative populaire ambitieuse sera prochainement soumise au vote. Proposant de rejeter cette dernière, le Conseil fédéral dévoile son projet de loi fédérale sur la gestion durable des entreprises. Ce projet propose plusieurs nouveautés, parmi lesquelles l’attribution à l’ASR de la surveillance du respect des devoirs de diligence et de transparence en matière de durabilité. La procédure de consultation dure jusqu’au 9 juillet 2026.

Prise de position de la FINMA sur les projets règlementaires en cours

Près de 3 ans après la déconfiture du CS, la Présidente de la FINMA prend position sur des évolutions réglementaires appelées à se concrétiser dès 2026 : exigences prudentielles en matière de capital et de liquidités, possibilité pour la FINMA de prononcer des amendes, mise en place d’un Senior Managers Regime et publicité des mesures d’enforcement. En sus de présenter la position du régulateur sur ces projets, la retranscription de ce discours offre également un aperçu important des priorités actuelles du régulateur.

UE : simplification CSRD & CSDDD

Le Parlement européen adopte Omnibus I. La CSRD s’appliquera désormais aux entreprises européennes de plus de 1’000 employés réalisant un chiffre d’affaires (CA) net supérieur à EUR 450 mio. Les entreprises de pays tiers sont concernées si leur CA net dans l’UE dépasse EUR 450 mio, ou si celui de leurs succursales ou filiales dépasse EUR 200 mio, hors holdings financières. Le standard VSME servira de référence. La CSDDD ne visera, dès 2029, que les entreprises de plus de 5’000 employés et réalisant un CA net supérieur à EUR 1,5 mia. Le transfert d’obligations aux partenaires commerciaux est exclu, les plans de transition supprimés et la sanction maximale fixée à 3 % du CA mondial net.

Fonds ESG et durables : impact des Guidelines de l’ESMA

L’ESMA publie une étude sur l’impact de ses Guidelines d’août 2024 encadrant le nom des fonds ESG et durables. Parmi les quelques 1’000 notifications analysées, deux tiers des fonds ont changé de nom et plus de la moitié de politique d’investissement, principalement via des exclusions liées aux énergies fossiles. Les Guidelines ont favorisé un meilleur alignement entre l’appellation des fonds et leur stratégie, réduisant ainsi les risques d’écoblanchiment pour les investisseurs.

Finance durable : modifications des Directives ASB

L’ASB introduit trois modifications dans ses Directives relatives à l’intégration des préférences ESG. En plus d’une correction linguistique dans la version anglaise, la version allemande fera désormais foi en cas de divergences. Enfin et surtout, la surveillance du respect des Directives ne fera dorénavant plus partie du contrôle prudentiel de l’audit externe. Cette modification renforce le caractère non contraignant des Directives, dont le non-respect ne devrait – à notre avis – pas pouvoir remettre en cause à lui seul la garantie de l’activité irréprochable (art. 3 al. 2 let. c LB).

Révision de la circulaire « Identification par vidéo et en ligne »

La FINMA ouvre l’audition sur la révision partielle de sa circulaire 2016/7 (obligations de diligence LBA en matière d’identification à distance). Selon le nouveau projet, les intermédiaires financiers pourront utiliser des codes QR pour identifier leurs clients. En effet, les codes QR ont remplacé les MRZ sur plusieurs documents officiels (cf. les permis de conduire en Suisse). Par ailleurs, pour s’adapter à la loi sur l’identité électronique (qui entrera vraisemblablement en vigueur à la mi-2026), la circulaire autorisera l’identification par le biais de la future e-ID.

SIX Exchange Regulation suspend provisoirement le rapport de développement durable

Depuis 2017, SIX SER permet aux émetteurs de publier un rapport de développement durable conforme à un des standards internationaux reconnus dans le cadre d’un régime d’« Opting In » (art. 9 DCG). L’entrée en vigueur des art. 964a ss CO relatifs au rapport sur les questions non financières a accru la transparence dans le domaine et marqué un rapprochement avec l’UE, qui s’est poursuivi avec la consultation sur l’avant-projet de 2024. Face aux incertitudes sur le plan européen et, par extension, suisse quant à l’évolution de la réglementation, SIX SER fait marche arrière et décide par son Communiqué n° 5/2025 de suspendre provisoirement dès le 1er janvier 2026 le régime d’ « Opting In », laissant les émetteurs qui le désireraient continuer à publier un rapport sur une base purement volontaire.

Vers une simplification du SFDR

La Commission européenne propose une simplification du Sustainable Finance Disclosure Regulation (SFDR 2.0). En substance, le nouveau texte supprime les obligations d’information au niveau de l’entité et réduit significativement les divulgations au niveau des produits. Les actuels art. 7, 8 et 9 SFDR sont abrogés et remplacés par trois nouvelles catégories de produits financiers (catégories « durable », « de transition » et « des produits de base de l’ESG »). La proposition de la Commission sera soumise au Parlement et au Conseil pour délibération.

Projet de simplification des règles numériques de l’UE

Le 19 novembre 2025, la Commission européenne a proposé un paquet de simplification des règles numériques : modernisation du RGPD, ajustements du Règlement sur l’IA, guichet unique pour les notifications d’incidents cyber et portefeuilles numériques pour les entreprises. Cet omnibus numérique vise à réduire les charges administratives pour les entreprises et à stimuler l’innovation. Les propositions législatives doivent encore être soumises au Parlement européen et au Conseil pour adoption.

La Suisse suspend l’extension de l’EAR aux crypto-actifs

Le 9 septembre 2025, le Parlement a approuvé l’extension de l’échange automatique de renseignements (EAR) aux crypto‑actifs, visant un premier échange en 2026 avec 74 juridictions (cf. repérage CDBF du 9 septembre 2025). Plusieurs marchés clés ont pris du retard et l’OCDE débat encore d’aspects techniques. La CER‑N a décidé le 4 novembre 2025 de suspendre ses travaux et réexaminera le dossier en 2026. En conséquence, les données 2026 ne seront pas échangées en 2027. De nouvelles indications de l’OCDE sont attendues avant la reprise des travaux en Suisse.

Guide pratique de la FINMA sur le Berne Financial Services Agreement (BFSA)

La FINMA publie un guide pratique consacré au BFSA, accord entre la Suisse et le Royaume-Uni qui entrera en vigueur le 1er janvier 2026. Le document vise à faciliter la mise en œuvre du traité et précise les démarches à suivre pour les prestataires souhaitant fournir des services d’assurance ou d’investissement : conditions d’éligibilité, inscription au registre de la FINMA ou de la FCA, obligations de transparence, processus de notification et de reporting annuel.

Reconnaissance du Responsible Minerals Assurance Process (RMAP) par la Commission européenne

Le Responsible Minerals Assurance Process (RMAP) est le premier mécanisme de diligence raisonnable dans la chaîne d’approvisionnement reconnu par la Commission européenne dans le cadre du Règlement sur les minerais de conflit (Règlement (UE) 2017/821). Les art. 964j à 964l CO reprenant ces exigences en droit suisse, le RMAP constitue également un outil utile pour les entreprises suisses concernées.

Stablecoins : Le CF ouvre une consultation sur deux nouvelles formes d’autorisation

Le CF a ouvert jusqu’au 6 février 2026 une consultation sur une modification de la LEFin. L’avant-projet remplace l’autorisation « fintech » par une autorisation en tant qu’établissement de paiement, avec comme innovation majeure la distraction des avoirs des clients en cas de faillite. Par ailleurs, le montant total des avoirs de clients ne sera plus plafonné à CHF 100 millions. Ce régime vise aussi à encadrer l’émission de stablecoins. Les exceptions à la définition de dépôt du public de l’art. 5 al. 2 et 3 OB devraient continuer à s’appliquer, de sorte que le cercle des assujettis restera inchangé. Par ailleurs, un régime d’établissement pour services avec des cryptoactifs modelé s’appliquera aux personnes offrant certains services en lien avec les cryptoactifs, notamment la garde et la négociation.

Révision du dispositif anti-blanchiment : les ordonnances sont mises en consultation

À la suite de l’adoption de la dernière révision du dispositif anti-blanchiment le 26 septembre 2025 (commenté in : Villard, https://cdbf.ch/1436), le Conseil fédéral ouvre ce jour la procédure de consultation sur les ordonnances de mise en œuvre. Celles-ci ont notamment pour vocation : 1) de préciser les informations que les entreprises doivent déclarer au registre de transparence ainsi que la procédure applicable aux annonces ; 2) de concrétiser la notion de « conseillers » comme troisième catégorie de personnes assujetties à la LBA. La procédure de consultation est ouverte jusqu’au 30 janvier 2026.

 

Révision de la LBA : le registre de transparence des personnes morales est sous toit

Les règles régissant le registre de transparence des personnes morales sont désormais connues. Sur la question de l’effet d’une inscription, le texte finalement adopté prévoit que les inscriptions sont de nature déclarative (et non pas de nature constitutive). L’examen des ADE par les intermédiaires financiers reste régi par l’art. 4 LBA. En revanche, si cet examen est mené avec diligence et ne révèle pas d’anomalie, les intermédiaires peuvent se fier aux inscriptions figurant dans le registre.